Le FitGame : une mauvaise interprétation du No Pain No Gain ?

Le FitGame : une mauvaise interprétation du No Pain No Gain ?

La fièvre du muscle :

     « La fièvre du muscle », cette recherche, cette quête du Graal, est une idée qui revient souvent dans les débats. La solution souvent proposé par les fitgamers est le : No Pain, No Gain ! Nous allons ici vous présenter trois points importants pour comprendre l’évolution du monde de la musculation : l’action des communautés du FitGame (souvent très mal renseignées) face aux passionnés formés, la psychologie de la douleur et enfin, en quoi le No Pain No Gain est-il une doctrine très intéressante SI l’on s’intéresse à la traduction spécifique du mot « Pain » au niveau de la musculation.

     Effectivement, faire du muscle est souvent symbolisé par la souffrance à l’entraînement et dans la diète. Quand on se penche sur les notions de physiologie, on comprend peut être mieux d’où vient cette croyance populaire. En effet, il faut détruire son muscle pour arriver à déclencher les facteurs qui permettront la croissance musculaire par hypertrophie et hyperplasie. Rien de plus simple que de se détruire à l’entraînement pour faire de la fibre. Cependant, cela justifie t-il de souffrir et de se blesser pour en arriver la ?

Un constat flagrant :

    Dans nos professions de coachs (entraîneurs, préparateurs, …) , nous voyons très vite le type de mental que possède un sportif quand il est dans son activité. Combien de fois avons-nous entendu « je n’ai pas assez mal en fin d’entraînement, c’est que je n’ai pas bien travaillé ». L’adage qu’il faut souffrir pour être beau est ancré dans les mœurs, comme le no pain no gain l’est dans le monde du Body.

     Ces discours hantent les salles de musculation, et témoignent d’une mauvaise appropriation de ces notions d’éprouvés corporel. La douleur est un message d’alerte, et ne signifie pas forcément la même origine. La douleur d’une série longue pour faire du lactique, et la douleur des contractures, courbatures, (micro)-déchirures, tendinites et autres inflammations ne sont pas les mêmes. Ainsi on assiste a une fonction du coaching encore sous-estimé, le travail avec ses adhérents sur une meilleure perception des éprouvés corporels et sensations kinesthésiques.

     Il faut aider le pratiquant à mieux comprendre ce qu’il sent et ce qu’il ressent dans son corps à travers l’exercice. Ce qui nous donnerait « Je sens une douleur qui brûle, je ressens une satisfaction de cette perception kinesthésique lorsque je travail ». Voilà un travail de remédiations à faire sur les éprouvés corporel pour les travailler dans le sens « Je sens une douleur qui brûle, je ressens une limite de mon corps sur cette perception kinesthésique lorsque je travail ». Didier Anzieu qui était un grand psychanalyste sur l’image du corps était un fervent défenseur de cette considération quant à l’importance du lien corps-esprit « tout vécu psychique s’étaye sur un vécu physique ».

     Malheureusement, beaucoup de personnes viennent pratiquer parce qu’elles ne sont pas satisfaites de leur corps, trop gras, pas assez musclé, pas assez beau… Ils viennent pour se tailler une nouvelle peau en se détruisant, tel des masochistes, sur la moindre machine de la salle de sport. Ils y restent 3 heures, et n’ont l’impression de n’avoir rien fait, mais cet épuisement et ces douleurs leur laisse penser que le job a été fait. Apprendre a pratiquer au ressenti, à se centrer sur la sensation de contraction du muscle ciblé, ça c’est l’esprit Body. Lorsqu’on reste « focus » sur son mouvement, qu’on y prend plaisir et qu’on assiste au fameux « pumping » tant recherché ! Il n’y a qu’a voir ces masochistes de salle, ils viennent en travaillant à la vitesse de l’éclair sur les machines, pensant que cela brûlera les calories, et négligent l’importance du travail de temps sous tension tellement efficient, mais aussi la satisfaction de l’exercice bien réalisé tant sur l’esthétique que sur l’éprouvé.

Un constat évident :

     Le message important à retenir serait de comprendre que cet adage qu’il existe dans le Body a été détourné de son esprit initial. Il ne faut pas se faire du mal compulsivement pour se construire. Prendre plaisir dans le dépassement de soi, aimer ressentir un éprouvé corporel et respecter ses limites tout en se recentrant sur la sensation de pumping dans la contraction, c’est le véritable message de bien être transmis dans notre univers.

Une suite obligatoire ?

     Nous développerons dans un prochain article les statistiques de traumatologie du sport en musculation … Il y aura beaucoup à dire !

     Benjamin Hennequin, alias BHC, est consultant conférencier spécialisé dans le FitGame. Doctorat STAPS en cours

     Jérôme Cuadrado est doctorant en psychologie clinique du sport à l’inserm U1219 de Bordeaux, psychologue, préparateur mental et encadrant sportif en salle de musculation universitaire. Contact pro

Une réflexion sur "Le FitGame : une mauvaise interprétation du No Pain No Gain ?"

  1. Bonjour Benjamin,

    Merci pour cet article. Il rejoint le discours d’Olivier Lafay sur le NPNG. Avez-vous lu ses ouvrages ? Cela pourrait vous donner de la matière pour vos prochaines publications. En tout cas, il est plaisant de voir que de plus en plus de professionnels du sport suivent la direction qu’il a indiqué.

    Bonne continuation.

    Dylan Furic

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